1ère Saint-Pol - Scouts et Guides de France - Groupe Lyautey

Jacques Sevin, fondateur des Scouts de France

Une vocation précoce : Jacques SEVIN est né à Lille le 07 décembre 1882, au 136 de la rue Colbert et fut baptisé le lendemain en l'Eglise Notre Dame de la Consolation. Elevé dans la foi chrétienne par ses parents, Jacques prend conscience dès l'âge de 13 ans de sa vocation à suivre les pas du Christ ; tout en poursuivant ses études d'anglais, il se destine à la prêtrise et choisit la Compagnie de Jésus ; il est ordonné diacre puis prêtre en 1914.

La naissance du scoutisme catholique : Dès 1913, il apprend l'existence du scoutisme, créé en Angleterre par Baden-Powell sept ans plus tôt, au travers d'articles très critiques de la revue jésuite "Etudes". Il obtient l'autorisation d'aller forger sa propre idée sur place et revient enthousiasmé par sa rencontre avec B-P et la découverte de ce mouvement de formation de la jeunesse basé sur l'action et la confiance. Sa conviction est faite : il doit "fonder les scouts catholiques en France", rédige et diffuse une étude élogieuse sur le scoutisme et monte une première troupe, clandestine en ce temps de guerre en 1918 : la 1ère Mouscron. Il va alors se consacrer pleinement à son projet, obtenant d'être détaché auprès du scoutisme catholique. La force de son action repose sur sa volonté originelle de l'inscrire comme partie intégrante du mouvement international non confessionnel de B-P tout en l'enrichissant d'une spiritualité catholique. Parti de rien, il bâtit méthodiquement l'ensemble des fondations de notre mouvement, le dotant : . d'une structure, la "Fédération nationale, catholique des Scouts de France", créée officiellement le 25 juillet 1920, . d'un insigne fait de la croix potencée de Jérusalem, symbole chrétien universel et référence à la chevalerie médiévale et de la fleur de lys des scouts du monde entier, rappelant le nord indiqué par les boussoles des anciens navigateurs, . d'une loi et d'une promesse, inspirées de celles de B-P et enrichies à la lumière de l'Evangile, . d'une prière, celle de Saint Ignace de Loyola, . d'un camp-école de chefs à Chamarande (Essone) inspiré du camp-école britannique de Gilwell dont le R.P. Jacques Sevin est revenu diplômé comme formateur "Deputy Camp Chief", . d'une série de techniques, méthodes, bases et chants fondateurs (chant de la promesse, cantique des patrouilles,…). Premier vrai chef scout français, le R.P. Jacques Sevin, totémisé "Renard Silencieux", marque de son élan missionnaire et de sa forte personnalité toutes les premières générations de jeunes chefs. Sa soutane beige (comme les chemises scoutes de l'époque), flanqué du foulard gris de Gilwell, des bûchettes et de la décoration du loup de bronze remis des mains mêmes de B-P entrent dans la légende scoute. De Chamarande essaiment tous les premiers chefs de notre mouvement, qui ont été les pionniers de son implantation, tous nourris de la manière d'être et du charisme du Père Sevin, véritable maître à penser des Scouts de France.

Une spiritualité scoute : Dès le départ, "le Père" a donné nettement deux orientations au mouvement. Tout d'abord, il a su réussir la greffe du scoutisme et de l'Eglise catholique, faisant éclore une véritable spiritualité scoute, nourrissant la vie personnelle des scouts et de leurs chefs autour de la Loi et la prière comme chemin menant vers Dieu. Et tout cela, sans trahir Baden-Powell qui déclarera que le travail du P. Sevin représente "la meilleure réalisation de sa propre pensée. On retrouve à travers le scoutisme conçu par le Père Sevin tous les éléments constitutifs d'une spiritualité propre : l'adhésion à une Loi marquée par des engagements, l'ascèse de la vie simple en camp et la recherche de vertus (franchise, dévouement, pureté) au travers de moyens spécifiques (pratique de la Loi, du service auprès du prochain). Tout ceci fait qu'il y a une manière originale de vivre l'Evangile, en scout. Cette spiritualité, il l'évoque en ces termes : "Le scout n'est-il pas, par définition, l'homme qui campe et décampe, c'est-à-dire l'homme qui est toujours libre, dégagé, prêt à partir, prêt à s'installer et toujours provisoirement, au gré des circonstances, c'est-à-dire de la Providence ? Eh bien si nous campons, si nous faisons camper nos garçons, ce n'est pas simplement pour les mettre en contact avec la nature, source première de toute éducation, c'est aussi et finalement, surtout peut-être, pour leur donner et leur imprimer pour toute la vie cette mentalité de campeur, c'est-à-dire d'homme vraiment libre, indépendant du sol, des lieux et des biens, de l'homme qui ne tient à rien, pas même à sa tente, et qui par conséquent est toujours prêt".

Un scoutisme ouvert à tous : Seconde orientation : le Père Sevin a voulu que notre mouvement pratique un scoutisme missionnaire, accueillant et ouvert aux plus faibles (enfants pauvres et handicapés) ; dès 1927, dans le cadre du projet "extension", il crée des unités "allongées" parmi les enfants gravement malades de sanatorium comme celui de Berck. "Le scoutisme est fait d'abord pour les enfants du peuple (…) et s'il est certain qu'ils donnent des résultats moraux merveilleux chez les élèves des lycées et de nos grands collèges catholiques, il n'en est pas moins vrai qu'il se penche avec un particulier amour sur les plus déshérités (…). Les enfants que nous revendiquons comme plus spécialement nôtres, ce sont ceux dont les œuvres existantes ne veulent pas ou ne veulent plus".

Des Scouts de France à la Sainte Croix de Jérusalem : Illustration parfaite de l'humilité à laquelle nous appelle notre prière scoute, le Père Sevin a la sagesse de ne pas s'identifier à son œuvre et accepte d'être "démissionné" de ses fonctions de Commissaire Général en 1933, pour céder la place à des laïcs. Il consacrera la fin de sa vie à une seconde œuvre plus méconnue : la création d'une congrégation de sœurs dites de la Sainte Croix de Jérusalem, nourrie de spiritualité scoute et d'apostolat des jeunes, dont l'un des prieurés se situe à Haubourdin. Le R.P. Jacques Sevin rejoint la maison du Père le 19 juillet 1951, au Prieuré de Boran-sur-Oise après avoir fêté ses 50 ans de vie religieuse ; son dernier message aux sœurs l'entourant aura été "Soyez des saintes, il n'y a que cela qui compte !".

Une œuvre pleine d'entrain : Outre son œuvre vivant qu'est notre mouvement, le R.P. Jacques Sevin, homme talentueux, a laissé à la postérité de nombreux dessins, peintures, des centaines de chansons et poèmes ainsi que des paroles riches de sagesse. Celles-ci sont tour à tour des appels :
  • à la prière : "Une réunion, une activité quelconque ne se prépare pas uniquement sur le terrain ou à la table de travail, mais surtout au prie-Dieu, dans la prière";
  • au dépassement de soi : "L'à-peu-près est interdit",
  • à l'enthousiasme : "Soyons des alléluias vivants !"

La relecture du travail de visionnaire et d'apôtre du Père Sevin ne peut inspirer que respect et admiration. L'introduction récente à Rome de sa cause en béatification est l'occasion de redécouvrir l'actualité de l'œuvre de Jacques Sevin, et de prier Celui qu'il a fait appeler "Seigneur Jésus" par tous les scouts catholiques du monde d'être toujours prêt à Le servir.

 

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